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Des morts dans un puissant séisme au Japon
¤ Un violent séisme a provoqué samedi des glissements de terrain, éventré des routes et détruit des ponts et des habitations dans le nord du Japon, faisant quatre morts, une centaine de blessés et 14 disparus.
La secousse de magnitude 7,2 sur l’échelle ouverte de Richter, s’est produite à 08H43 (23H43 GMT) à une profondeur de seulement 8 km.
Les ondes se sont propagées rapidement à la surface et ont secoué violemment une région montagneuse et agricole située aux confins des préfectures d’Iwate et de Miyagi (nord-est), à environ 350 km de Tokyo, où le séisme a également été ressenti.
Des pans entiers de collines se sont déversés sur des routes et des habitations, balayant tout sur leur passage.
« J’étais au volant de ma voiture quand le séisme a frappé », a raconté Makoto Katsurashima, 72 ans. « J’ai blêmi lorsque j’ai vu la route disparaître sous mes yeux à quelques mètres devant moi. » Quelque 800 soldats ont été dépêchés sur place tandis que des hélicoptères des Forces d’autodéfense -- nom officiel de l’armée japonaise -- se portaient au secours des habitants des zones les plus difficiles d’accès.
« La priorité numéro un est de sauver des vies », a déclaré le Premier ministre japonais Yasuo Fukuda, avant de donner l’ordre à l’armée d’envoyer des renforts.
Le premier bilan officiel fait état de quatre morts : un pêcheur de 55 ans emporté dans un glissement de terrain, un sexagénaire écrasé par un camion, un ouvrier de 48 ans tué par des chutes de pierres sur un chantier et un homme retrouvé mort dans la montagne.
Par ailleurs, quatorze personnes sont portées disparues à Kurihara (préfecture de Miyagi) : trois ouvriers ensevelis sous des décombres sur un chantier, sept personnes dans les ruines de l’auberge de sources thermales Komanoyu, balayée par une coulée de boue, et quatre campeurs, dont trois étrangers, dont on ignore encore la nationalité.
L’agence nationale des désastres a fait état dans son dernier bulletin de 90 blessés, alors que les médias japonais en décomptent plus d’une centaine. Environ 30.000 foyers autour de l’épicentre sont privés d’électricité.
« Pendant quelques secondes, la terre a rugi. Je me demandais ce qu’il allait se passer », a raconté Mikiko Sugawara, 54 ans, dont le mari gère un hôtel à Kurihara. « La ville est d’un calme impressionnant maintenant. Certains ont essayé de nettoyer les débris, mais ils ont dû s’arrêter en raison des violentes répliques », a-t-elle dit. Plus d’une centaine ont déjà été enregistrées dans la région.
Un responsable de l’Agence nationale météorologique a mis en garde contre d’autres glissements de terrain et contre l’effondrement de bâtiments fragilisés par la première secousse.
Masanori Oikawa, un responsable de la ville d’Ohsu, située non loin de l’épicentre, a témoigné de la violence du choc.
« La secousse était si violente que je ne pouvais pas me tenir debout sans m’appuyer contre un mur », a-t-il dit. « On est habitué aux séismes, mais celui-là faisait vraiment peur. » Dans la province voisine de Fukushima, une petite quantité d’eau radioactive s’est échappée d’un centre de stockage d’un site nucléaire à la suite du séisme, mais sans danger pour la population, a annoncé la compagnie d’électricité Tokyo Electric Power (Tepco) qui gère la centrale nucléaire de Fukushima.
Situé à la jonction de quatre plaques tectoniques, le Japon subit des milliers de tremblements de terre chaque année.
Le dernier tremblement de terre meurtrier s’était produit le 16 juillet 2007 à Niigata (centre). Une secousse de magnitude 6,8 avait fait onze morts et plus de 1.000 blessés. La centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa, la plus puissante du monde, avait été endommagée et est depuis arrêtée.